Bilan CO2/€ & durabilité

Toute entreprise qui s’engage véritablement dans le développement durable doit avoir des indicateurs qui lui permettent d’établir le bilan de sa « durabilité ».

5.000 € investi = 3 tonnes/an de CO2 économisés.

Comme producteur d’énergie, il semble évident de se baser sur la quantité d’énergie produite par année en regard des coûts liés à cette production: amortissement des investissements, entretien, provision du recyclage et du démantèlement.

L’indice CO2 d’Enercoop:
Il est composé de l’ensemble de la production de la coopérative et ramené au montant du capital investi pour produire du renouvelable ou de l’activité économique qui génère une économie d’énergie.
Cet indice donnera, par € investi dans la coopérative, la quantité de CO2  «épargnée» par le coopérateur.

Exemple proposé par Frédéric Chomé - Factor-X

Le contenu CO2 du kWh Moyen de l'électricité en Belgique (source OECD) ou selon les règles de la Cwape pour le Calcul des CV : quand l'éolienne ne tourne pas, c'est bien une centrale au gaz (TGV) qui peut adapter sa production en fonction de la demande (même si problème est différent dans le creux de la nuit, où on se substitue au nucléaire).

La référence Cwape pour les émissions de GES d'une centrale est de 456 g CO2/kWhe, l'éolien économise 400 g CO2 /kWh par rapport aux centrales TGV.

Donc pour 3 MW x 2500 h = 7500 MWh x 400 kgCO2 épargné = 3000 tCO2e épargnés par an = 60 000 tCO2e épargnées sur 20 ans (à coefficient CO2 de l'installation de référence constant). 

Chez Enercoop l'indice est donc : 1 € investi génère 600 gr. par année d'économie de CO2.

5 € 3 KGr. CO2
1.000 € 0,6 tonne CO2
5.000 € 3 tonnes CO2

1 personne (En Belgique) génère par sa consommation (mobilité, chauffage,...) +- 20 tonnes de CO2/an.

Planter un arbre et la réduction de la consommation restent les meilleures manières de réduire son impact CO2. Mais le changement de comportement est une question culturelle (et de marketing) qui ouvre d’autres débats (sociétaux), nous en parlerons dans nos lettres d’information.

Il sera possible de suivre l’évolution de cet indice qui évoluera en fonction du nombre d'installations, du coût, de la puissance installée et de la production effective. De plus, le bilan social, sanitaire/environnemental doit être pris en compte, le bilan CO2 seul est insuffisant. L’indice intégrera les économies réalisées par les coopérateurs et les coûts de fonctionnement de la coopérative. 

A titre d'information: Frédéric Chomé - Factor-X

La performance CO2 du placement financier dans la coopérative : 

  • Placer sont argent dans un fonds d'investissement indifférencié génère des émissions de gaz à effet de serre à concurrence de 1 t CO2 / 1000 € placés (valeur moyenne) 
  • Placer son économie dans des bons d'état belges ne rapporte pas grand-chose et génère quand même des émissions de GES de l'ordre de 1 tCO2e / 2500 € placés 
  • Investir dans un panier d'actions européennes génère des émissions de l'ordre de 1 tCO2e / 2800 € placés 
  • Investir dans Enercoop permet d'économiser 0,6 tCO2e / 1000 € investis. 
  • L'économie générée par rapport à un placement indifférencié est donc de 1,6 tCO2e / 1000 € investis  !!!
  • L'économie générée par rapport à un placement en bons d'état belges ou en actions européennes est de 1 tCO2e / 1000 € investis

Sources et autres références:

http://www.factorx.eu/fr/pages/gaz-a-effet-de-serre.aspx (Bureau expert en compensation CO2)

http://www.cwape.be (Commission Wallonne pour l'Energie)

http://www.brugel.be (Comission Bruxeloise de l'Energie)

http://www.ademe.fr (Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie)

Bilan carbone des énergies renouvelables et fossiles
http://www.acteurdurable.org/bilan-carbone-energies-renouvelables-fossiles.html

Vous trouvez 2 données importantes : le taux de Co2 ou plutôt les grammes de co2 par kWh produit et le prix de revient par kWh produit.

1*: Intègre le coût énergétique du cycle de vie (énergie grise)

Le classement :
Il est établi par notre équipe, en fonction du degré de durabilité de l’énergie. Il prend en compte deux critères : le co2 produit et le coût rapporté au kwh produit.
*** Energie renouvelable qui combine un prix de revient au kWh très intéressant pour une faible émission de CO2. Ce type d'énergie est durable, (presque) inépuisable et l’énergie grise qui en découle a un faible impact environnemental.
** Energie (renouvelable ou fossile) ayant un prix de revient intéressant, mais un cycle de vie assez "négatif" pour la planète.
* Energie fossile. Son impact environnemental est fort dans la mesure où ses stocks sont non renouvelables et nécessitent des transformations et extractions lourdes de conséquences sur notre environnement.

Observations :
Nous tenons à signaler les difficultés que nous avons rencontrées pour établir ce tableau.
Quelques études anciennes ont été publiées par-ci par-là. Les chiffres officiels existent uniquement pour le nucléaire ou presque. On se demande bien pourquoi ?
Par exemple, il est impossible de vérifier l’impact en Co2 sur la destruction et le recyclage d’une usine nucléaire. Ne parlons pas des déchets radioactifs pour lesquels nous n’avons pas encore trouvé de solution. L’enfouissage n’est pas une solution durable, mais temporaire. Certaines usines comme ITER sont censées utiliser ces déchets. A voir, la centrale n’est pas terminée. Nous préparons un dossier sur le nucléaire pour la fin de l’année 2009.
Côté nouvelles technologie (solaire, PAC, chaudière à bois etc.), nous ne félicitons pas les fabricants qui ne parlent pas du tout du taux de Co2 émis par kWh produit. Pour des acteurs du développement durable, on se demande pourquoi ils ne communiquent pas leurs chiffres ?
Si on aborde la question des énergies grises, c’est encore pire ! Il faut bien reconnaître que la France n’est pas industriellement prête pour assurer un recyclage performant. Les Français découvrent à peine le tri sélectif, difficile de demander aux industriels du recyclage de tout prévoir. Cependant, un gros travail doit être fait au niveau des fabricants, qui devraient bien être un peu plus transparents.
Vous avez un moyen d’agir, c'est votre porte-monnaie ! N’achetez pas des produits qui n’ont pas les labels. N’investissez pas dans des marques qui ne respectent pas les normes de recyclage de leurs produits. Soyez éco citoyen en somme… et n’attendez pas que l’Etat agisse à votre place.

Quelques explications…

1- Energie solaire photovoltaïque
L’énergie solaire photovoltaïque est l’une des rares énergies disponibles à n’avoir aucun coût de fonctionnement pour son utilisateur. En effet, l’énergie solaire étant accessible à tous, on peut l’utiliser librement. Il faut bien sûr, au préalable, s’équiper du matériel nécessaire pour pouvoir capter cette énergie renouvelable.
En termes de pollution, l’énergie grise liée à l’énergie solaire photovoltaïque rejette en moyenne entre 50 et 150 gCO2/kWh. Ce n’est pas une quantité fixe, car cela dépend de différents facteurs tels que : la technologie utilisée (polycristallin, monocristallin), le lieu de fabrication (émission de CO2 pour le transport), etc. Mais la principale source d’émission de CO2 est la fabrication des cellules photovoltaïques, très gourmande en CO2. Cette pollution est aussi liée à l’énergie utilisée pour produire les panneaux, variant beaucoup, en termes de rejet de CO2, d’un pays à un autre.
Le recyclage du produit est pour le moment un problème, mais des techniques sont à l’étude. On peut raisonnablement penser que, dans un avenir proche, des solutions seront trouvées.
Mais le kWh produit par des panneaux photovoltaïques peut aussi rapporter de l’argent !
Si vous décidez de vendre la totalité de votre production à EDF, qui plus est à un tarif très intéressant, votre installation photovoltaïque peut vous rapporter de l’argent. En effet, le prix de l’énergie électrique facturé par EDF est inférieur au prix de rachat de votre énergie photovoltaïque.

2- L’énergie éolienne
Cette énergie est la seconde à n’entrainer aucun coût de fonctionnement à son exploitant. Tout comme le soleil, le vent est la propriété de tous et chacun peut l’utiliser comme bon lui semble. Malgré quelques éoliennes domestiques, la majorité de ce type d’installation concerne l’activité industrielle, nommée « Grand Eolien ». Cette activité Grand Eolien réinjecte la totalité de l’énergie produite sur le réseau EDF afin de contribuer à la part dite « énergies renouvelables » dans l’électricité française (ciblée à 20% d’ici 2020).
Comme le solaire, une installation éolienne nécessite un investissement de départ non négligeable, mais elle est amortie au bout de quelques années (7 à 8 ans).
En ce qui concerne les émissions de CO2 de l’énergie éolienne, elles varient là aussi en fonction de différents paramètres comme sa technologie ou son lieu d’implantation. Principalement construite en Europe, le coût en CO2 du transport s’en voit réduit, et ne nécessitant pas de composants coûteux énergétiquement à produire, la quantité de CO2 est relativement faible (~15 g CO2/kWh).
Il faut aussi penser à son coût de recyclage, mais très peu de chiffres existent aujourd’hui.